Je n'ai jamais rien cassé après avoir reçu des réponses négatives du CNC pour des projets de films. Par contre, les réguliers
bad beats subis sur les tables de poker online m'ont souvent rendus un peu fou. Je pense que tous les joueurs doivent comprendre ces sentiments que l'on éprouve lorsque vous floppez le brelan max
et qu'un mec vous pousse à tapis avec une gutshot en touchant bien sûr sa carte à la river. Adieu l'ordi pour certains ! Pof dans le mur pour d'autres ! Moi, c'est la souris d'ordi qui trinque
(seulement trois de cassées pour l'instant !!). Pendant un moment, j'avais trouvé un moyen de contourner cet énervement, en dégotant une balle anti-stress. C'était pas mal comme méthode à part
qu'une balle donne toujours l'envie de la lancer. Donc, elle est partie plusieurs fois violemment dans la fenêtre, dans le linge qui séchait ou à travers le couloir de l'appart.
Jouer au Poker demande une certaine forme physique, mais surtout une attitude positive : La Zen Attitude. Sur les conseils d'un ami de Poker, Stingerben pour
ne pas le nommer, j'ai lu le livre "The Poker Mindset", qui m'a bien éclairé sur l'attitude à adopter face aux coups du sort, aux rivers assasines, et autres calls inconscients. je vous conseille
vivement la lecture de ce livre si vous ne souhaitez pas détruire votre écran d'ordinateurs en jouant au Poker sur Internet.
En ce qui concerne le cinéma, les colères intérieures interviennent souvent lors d'événements qui ressemblent pourtant à des moments de fêtes : les festivals
de court-métrages. Ces rencontres entre cinéastes m'ont toujours procuré d'étranges impressions. Pendant plusieurs jours, tout le monde s'entend bien, on discute de ses films respectifs, on fait
des pronostics sur les résultats, et puis arrive le jour du palmarès tant attendu. Une heure plus tard, lorsque l'on n'a obtenu aucun prix (alors que l'on pensait en mériter un - pas le grand prix
forcément, mais le prix de l'image, ou le prix du meilleur figurant à l'arrière-plan !), plus personne ne vous parle, les primés traînent ensemble, discutent de la beauté de ce palmarès, tandis que
vous souffrez en silence. Je me souviens bien de ce festival de Palavas-les-Flots où le jury était présidé par Claude Zidi. Je crois n'avoir jamais éprouvé autant de haine envers un jury que ce
dimanche-là. Mon film n'était sans doute pas meilleur que les autres, mais j'y avais mis tellement d'énergie, tellement de travail et tellement de coeur, que la frustration m'envahissait.
Pour un jeune cinéaste plein de projets, les mauvaises nouvelles arrivent toujours par la poste. Il suffit de remarquer le logo d'une société de production sur
l'enveloppe pour comprendre. J'arrive même à déchiffrer ces lettres sans les ouvrir (j'aimerais bien pouvoir faire ça avec les cartes de mes adversaires aux tables de poker !). j'en ai déchirées
quelques-unes, j'en ai perdues, j'en ai encadrées (euh, non, ça c'est faux..) Toutes disaient à peu près la même chose : "Malgré les indéniables qualités de votre projet, nous ne pouvons
donner une réponse positive à votre demande." Des lettres-types qu'on déteste lire, même si à la longue on commence à comprendre ces refus. Evidemment, les boîtes de production comme Fidélité ou
Why Not reçoivent des centaines de projets, et les producteurs doivent bien faire un choix.
Mais on a toujours cette cruelle impression qu'on ne nous laisse pas une chance. Le Poker n'est pas un jeu de chance pure. Et si par contre, le Cinéma en était
un ? J'espère que non, seul l'avenir nous le dira. Si la chance a son rôle à jouer dans ma vie de réalisateur, alors je lance un avis à tous les producteurs : j'accepte d'être très malchanceux sur
les tables de poker et de perdre tous mes coin flips si vous m'offrez une chance de réaliser un film.