De retour après cinq jours passés à Bourges pour le Festival international des scénaristes. Cinq jours loin des tables de Poker, à entendre parler de conflits, de
pitchs, de storylines... à chercher tant bien que mal des producteurs, et surtout à redéfinir avec un professionnel notre projet de série, Collector, écrit avec Mouky, mon ch'ti préféré.
En effet, ce marathon des bibles, animé par Frédéric Krivine, nous aura déjà permis de prendre du recul sur notre projet, d'écouter ce qui dérangeait nos collègues scénaristes, et de comprendre que
notre folie douce de collectionneurs avait besoin de conflits pour devenir matière à film. Ce festival nous aura apporté de belles rencontres également, et permis de découvrir les projets de
certains scénaristes passionnés et passionnants. Nous avons également eu la chance de côtoyer ces jeunes loups de l'écriture qui n'ont pas dormi pendant deux jours pour le marathon du
court-métrage. J'aurais bien aimé y participer, mais il fallait choisir. En tout cas, bravo à Sandrine, presque débutante et déjà reconnue grâce à ce prix mérité que nous avons pu voir exister
devant nous lors de la brillante lecture du scénarios par des comédiens.
Pour une fois, cette master class ne ressemblait pas une épreuve sportive. Ici, pas de réelle compétition ni de coups bas, même si nous sommes bien conscients que nos projets se retrouveront sans
doute sur les mêmes bureaux dans quelques mois. L'ambiance était détendue, conviviale, et seule la rencontre avec un producteur de séries nous a tous un peu déprimés. En effet, nous avons découvert
lors de cette discussion la manière dont sont lues nos bibles de séries. En peu de temps et pas très attentivement. Mais cela nous prépare pour le grand saut qui consistera à présenter notre
nouvelle bible à un producteur de séries.
J'ai constaté pendant cette Master Class que notre parrain n'hésitait jamais à faire des comparaisons entre la recherche d'un producteur et ce qui se passait à une table de Poker. Peut-être que
Frédéric Krivine est un grand joueur, qui joue sur de gros tournois pour parfois éviter l'angoisse de la page blanche ! Peut-être qu'il écume les cercles de jeux parisiens à la recherche de
quelques pigeons qu'il pourrait déplumer ! Même si le jeu était loin de moi ces jours-ci, le Poker s'infiltrait tout de même discrètement à l'intérieur des lieux. Entre discussions
pokéristiques dans les couloirs (symbole d'un véritable phénomène de société !), exemples de séquences de plusieurs projets dans des cercles de jeu, et désir des marathoniens de trouver une belle
table pendant le festival, le Poker était finalement présent partout.
Poker is watching you.
Maintenant, et avant de nous replonger dans notre série "Collector", je vais à nouveau monter à l'échelle pour développer mon projet de court-métrage "En-bas de l'échelle". C'est un grand jour pour
moi, je dois signer un contrat d'auteur. Si le César est au cinéma ce qu'un bracelet des WSOP est au Poker, alors le contrat d'auteur est au cinéma ce qu'un contrat de sponsoring avec un site de
jeu en ligne est au Poker ! Il va falloir lire entre les lignes pour pouvoir se remettre à en écrire quelques unes.