Mercredi 2 avril 2008
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Pour inaugurer cette rubrique qui j'espère vous inspirera, je vous propose ma vision des mains de Hold'em.
Vous connaissez tous ces noms qui sont associés aux mains :
Anna Kournikova, American Airlines, Cowboys, Ducks ...
Je vous propose d'associer les mains de premier ordre avec des réalisateurs de premier ordre. Chaque semaine, une nouvelle
main apparaîtra, et je vous dirais ce que j'en pense.
Pour la première, voici une main que beaucoup de bons joueurs ont du mal à jeter après le flop et qui peut pourtant s'avérer dangereuse.
Les joueurs de Poker l'appellent "Jesse James". Pour les cinéphiles, c'est :
Jim Jarmush
Le parallèle n'est pas évident, mais Jarmush est un cinéaste qu'il faut
apprivoiser, la lenteur de ses premiers films, le noir et blanc, tout concourt à faire de son oeuvre un délice pour cinéphiles érudits. Et pourtant, on se laisse rapidement envoûter par les longs
plans-séquences de Stranger than Paradise, la musique de Dead Man ou l'humour de Coffee and Cigarettes.
Avant de jouer JJ, penser à tous ces beaux films réalisés par Jim Jarmush, et je vous garantis que le flop n'affichera ni As ni Roi !
Par Tapis_volant
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Mardi 1 avril 2008
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10:28
Je n'ai jamais rien cassé après avoir reçu des réponses négatives du CNC pour des projets de films. Par contre, les réguliers
bad beats subis sur les tables de poker online m'ont souvent rendus un peu fou. Je pense que tous les joueurs doivent comprendre ces sentiments que l'on éprouve lorsque vous floppez le brelan max
et qu'un mec vous pousse à tapis avec une gutshot en touchant bien sûr sa carte à la river. Adieu l'ordi pour certains ! Pof dans le mur pour d'autres ! Moi, c'est la souris d'ordi qui trinque
(seulement trois de cassées pour l'instant !!). Pendant un moment, j'avais trouvé un moyen de contourner cet énervement, en dégotant une balle anti-stress. C'était pas mal comme méthode à part
qu'une balle donne toujours l'envie de la lancer. Donc, elle est partie plusieurs fois violemment dans la fenêtre, dans le linge qui séchait ou à travers le couloir de l'appart.
Jouer au Poker demande une certaine forme physique, mais surtout une attitude positive : La Zen Attitude. Sur les conseils d'un ami de Poker, Stingerben pour
ne pas le nommer, j'ai lu le livre "The Poker Mindset", qui m'a bien éclairé sur l'attitude à adopter face aux coups du sort, aux rivers assasines, et autres calls inconscients. je vous conseille
vivement la lecture de ce livre si vous ne souhaitez pas détruire votre écran d'ordinateurs en jouant au Poker sur Internet.
En ce qui concerne le cinéma, les colères intérieures interviennent souvent lors d'événements qui ressemblent pourtant à des moments de fêtes : les festivals
de court-métrages. Ces rencontres entre cinéastes m'ont toujours procuré d'étranges impressions. Pendant plusieurs jours, tout le monde s'entend bien, on discute de ses films respectifs, on fait
des pronostics sur les résultats, et puis arrive le jour du palmarès tant attendu. Une heure plus tard, lorsque l'on n'a obtenu aucun prix (alors que l'on pensait en mériter un - pas le grand prix
forcément, mais le prix de l'image, ou le prix du meilleur figurant à l'arrière-plan !), plus personne ne vous parle, les primés traînent ensemble, discutent de la beauté de ce palmarès, tandis que
vous souffrez en silence. Je me souviens bien de ce festival de Palavas-les-Flots où le jury était présidé par Claude Zidi. Je crois n'avoir jamais éprouvé autant de haine envers un jury que ce
dimanche-là. Mon film n'était sans doute pas meilleur que les autres, mais j'y avais mis tellement d'énergie, tellement de travail et tellement de coeur, que la frustration m'envahissait.
Pour un jeune cinéaste plein de projets, les mauvaises nouvelles arrivent toujours par la poste. Il suffit de remarquer le logo d'une société de production sur
l'enveloppe pour comprendre. J'arrive même à déchiffrer ces lettres sans les ouvrir (j'aimerais bien pouvoir faire ça avec les cartes de mes adversaires aux tables de poker !). j'en ai déchirées
quelques-unes, j'en ai perdues, j'en ai encadrées (euh, non, ça c'est faux..) Toutes disaient à peu près la même chose : "Malgré les indéniables qualités de votre projet, nous ne pouvons
donner une réponse positive à votre demande." Des lettres-types qu'on déteste lire, même si à la longue on commence à comprendre ces refus. Evidemment, les boîtes de production comme Fidélité ou
Why Not reçoivent des centaines de projets, et les producteurs doivent bien faire un choix.
Mais on a toujours cette cruelle impression qu'on ne nous laisse pas une chance. Le Poker n'est pas un jeu de chance pure. Et si par contre, le Cinéma en était
un ? J'espère que non, seul l'avenir nous le dira. Si la chance a son rôle à jouer dans ma vie de réalisateur, alors je lance un avis à tous les producteurs : j'accepte d'être très malchanceux sur
les tables de poker et de perdre tous mes coin flips si vous m'offrez une chance de réaliser un film.
Par Tapis_volant
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Lundi 31 mars 2008
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10:41
De retour après cinq jours passés à Bourges pour le Festival international des scénaristes. Cinq jours loin des tables de Poker, à entendre parler de conflits, de
pitchs, de storylines... à chercher tant bien que mal des producteurs, et surtout à redéfinir avec un professionnel notre projet de série, Collector, écrit avec Mouky, mon ch'ti préféré.
En effet, ce marathon des bibles, animé par Frédéric Krivine, nous aura déjà permis de prendre du recul sur notre projet, d'écouter ce qui dérangeait nos collègues scénaristes, et de comprendre que
notre folie douce de collectionneurs avait besoin de conflits pour devenir matière à film. Ce festival nous aura apporté de belles rencontres également, et permis de découvrir les projets de
certains scénaristes passionnés et passionnants. Nous avons également eu la chance de côtoyer ces jeunes loups de l'écriture qui n'ont pas dormi pendant deux jours pour le marathon du
court-métrage. J'aurais bien aimé y participer, mais il fallait choisir. En tout cas, bravo à Sandrine, presque débutante et déjà reconnue grâce à ce prix mérité que nous avons pu voir exister
devant nous lors de la brillante lecture du scénarios par des comédiens.
Pour une fois, cette master class ne ressemblait pas une épreuve sportive. Ici, pas de réelle compétition ni de coups bas, même si nous sommes bien conscients que nos projets se retrouveront sans
doute sur les mêmes bureaux dans quelques mois. L'ambiance était détendue, conviviale, et seule la rencontre avec un producteur de séries nous a tous un peu déprimés. En effet, nous avons découvert
lors de cette discussion la manière dont sont lues nos bibles de séries. En peu de temps et pas très attentivement. Mais cela nous prépare pour le grand saut qui consistera à présenter notre
nouvelle bible à un producteur de séries.
J'ai constaté pendant cette Master Class que notre parrain n'hésitait jamais à faire des comparaisons entre la recherche d'un producteur et ce qui se passait à une table de Poker. Peut-être que
Frédéric Krivine est un grand joueur, qui joue sur de gros tournois pour parfois éviter l'angoisse de la page blanche ! Peut-être qu'il écume les cercles de jeux parisiens à la recherche de
quelques pigeons qu'il pourrait déplumer ! Même si le jeu était loin de moi ces jours-ci, le Poker s'infiltrait tout de même discrètement à l'intérieur des lieux. Entre discussions
pokéristiques dans les couloirs (symbole d'un véritable phénomène de société !), exemples de séquences de plusieurs projets dans des cercles de jeu, et désir des marathoniens de trouver une belle
table pendant le festival, le Poker était finalement présent partout.
Poker is watching you.
Maintenant, et avant de nous replonger dans notre série "Collector", je vais à nouveau monter à l'échelle pour développer mon projet de court-métrage "En-bas de l'échelle". C'est un grand jour pour
moi, je dois signer un contrat d'auteur. Si le César est au cinéma ce qu'un bracelet des WSOP est au Poker, alors le contrat d'auteur est au cinéma ce qu'un contrat de sponsoring avec un site de
jeu en ligne est au Poker ! Il va falloir lire entre les lignes pour pouvoir se remettre à en écrire quelques unes.
Par Tapis_volant
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Lundi 24 mars 2008
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11:24
Bonjour à tous.
Un week-end studieux s'est transformé en un week-end de jeu. Enfin, pas uniquement ça bien sûr ! Cinq tournois de Poker m'ont permis de ramener un SMIC dans le foyer, de quoi se poser des questions
sur l'avenir. Mais bon, restons sur terre, une performance dans un tournoi à 20$ avec à la clef 1100$ reste pour l'instant une chose rare, ces performances se comptant sur les doigts d'une seule
main depuis que je joue au Poker. Cependant, cela redonne un peu confiance dans sa manière de jouer, et bien sûr, ça stabilise une bankroll pour jouer à des limites plus acceptables (20, 30, 50) et
ne plus perdre trop de temps dans d'inutiles qualifiers (mon terrain de conquête depuis mes débuts pourtant !) la première fois que j'ai gagné une telle somme, je me suis dit "voilà ton
nouveau boulot alimentaire que tu cherchais et qui est en plus un plaisir". Cependant, il faut être sacrément motivé et chanceux (si si!) pour espérer rééditer chaque semaine une perf comme
celle-là. Je suis très loin de gagner assez pour espérer vivre du poker, mais il est vrai que cette idée me trotte parfois dans la tête. Mais à devenir un travail, le Poker pourrait bien devenir
pénible. je me vois pas passer mes journées sur douze tables de cash game en même temps pour espérer dégager mon salaire de la journée. Quelle pression ! je sais bien que les pros sont capables de
faire ça, mais aujourd'hui, même si je pense avoir acquis un niveau acceptable au poker, je préfère définitivement les tournois, où je retrouve l'esprit de compétition que j'ai toujours aimé, et où
jouer n'est qu'un plaisir et jamais une souffrance.
La compétition est également présente dans le cinéma, il ne faut pas se voiler la face, la grande différence, c'est que la réussite ne tient pas uniquement au talent du créateur, mais surtout au
jugement d'un ou plusieurs décideurs, ces gens que l'on aime haïr quand on propose ses projets. J'ai reçu une quantité de bad beats sur les tables de poker, mais les pires que j'ai reçus viennent
des producteurs et de leurs lettres-types. Ne croyez pas que je suis aigri, seulement impatient de pouvoir enfin réaliser les films dont je rêve. J'espère que la semaine qui s'annonce me donnera
envie de continuer à rêver à de beaux projets de séries et de courts-métrages. Un avenir possible : réaliser des films pour m'éloigner un peu des tapis verts et me rapprocher petit à petit du tapis
rouge !
Par Tapis_volant
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Samedi 22 mars 2008
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00:36
Dans quelques jours, je pars pour Bourges avec Aymeric, mon co-scénariste. Nous allons participer à la Master Class des Bibles de Séries pour notre projet
"Collector", cette Master Class sera animée par Frédéric Krivine, que nous avons rencontré pour une journée de préparation. Avoir un retour sur notre projet fut très enrichissant, mais assez
déstabilisant. En effet, à la manière d'un coach d'équipe de foot, l'intervenant est là pour nous aider à accoucher notre projet. On se rend rapidement compte qu'on aurait déjà du réfléchir à nos
intentions avant d'écrire un projet si ambitieux. Je ne vais pas ici faire étalage de mon pessimisme légendaire, mais entendre des professionnels dénigrer son travail fait toujours mal. Mais on
l'accepte, car cela nous permet de progresser.
J'ai également eu une réunion avec la productrice de mon court-métrage "En bas de l'échelle". Pour obtenir la précieuse aide financière de la région Limousin qui nous permettrait de lancer la
production de ce court-métrage, il faudrait idéalement présenter le projet pour le 29 mars. Problème : le scénario n'en est encore qu'à ses premiers balbutiements et, même s'il commence à
ressembler à un beau projet de film court, il ne me satisfait pas vraiment (enfin, c'est surtout ma productrice qui ne souhaite pas présenter un projet bancal ! - ce que je comprends évidemment)
Donc retour à la case travail. Je n'ai plus tourné de court-métrage depuis cinq ans, je sens que je perds parfois la motivation qui m'animait au début des années 2000, et ces projets qui s'annulent
ou sont sans cesse repoussés me minent le moral.
Heureusement, il reste l'amour et bien sûr le jeu.
Je joue au poker online deux ans. J'ai toujours été joueur. Echecs, Belote, Jeux de Cartes, Monopoly (ou je suis très mauvais paraît-il), ... On m'a souvent mis en garde contre cette passion
dévorante mais quelque part, je savais que j'allais retrouver cette ivresse de la compétition un jour ou l'autre. Le Poker m'a permis de disputer à nouveau des compétitions. Ne rigolez pas derrière
votre ordinateur. le Poker n'est pas un sport, c'est vrai, mais le poker de tournoi provoque des sensations inouïes. Le Poker Online remplit certains jours les vides de ma vie, et même s'il m'a
poussé à casser plusieurs souris d'ordinateurs, il m'apporte de très bons moments que je vous raconterais dans ce blog.
En attendant de vous raconter mes bad beats et mes futurs films, je vous laisse rêver en vous souhaitant good night and good luck.
Par Tapis_volant
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Jeudi 20 mars 2008
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01:43
Bonjour à tous.
Un jour, il faudra choisir. Poker ou Cinéma ?
Pour l'instant, j'ai décidé d'ouvrir ce blog, pour vous livrer ces deux facettes de ma vie qui s'affrontent.
Mais je suis conscient du fait qu'un jour, j'aurais à choisir. Parce qu'on a qu'une vie. Et que le temps presse.
J'évite ce choix depuis maintenant deux ans.
Deux ans que je joue au Poker. Douze ans que je joue au cinéaste.
J'aurais à choisir bientôt.
Las Vegas ou Hollywood ?
Par Tapis_volant
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